Un milliard d’euros, 150 locomotives, et une échéance qui se rapproche : la SNCF vient d’officialiser le lancement de son appel d’offres pour renouveler le matériel roulant de ses trains de nuit. Derrière cette annonce, c’est tout un pan du réseau ferré qui pourrait retrouver un second souffle après des années de vieillissement du parc.
Le chiffre est posé noir sur blanc : 150 locomotives neuves, pour un investissement ferroviaire d’environ un milliard d’euros. L’appel d’offres, lancé par SNCF Voyageurs, vise à remplacer les motrices actuelles, dont certaines circulent depuis plus de trente ans sur les lignes nocturnes. La mise en concurrence est ouverte aux grands constructeurs européens, et la procédure d’attribution du marché devrait s’étaler sur plusieurs mois avant qu’un ou plusieurs industriels ne soient retenus.
L’appel d’offres SNCF : 150 locomotives pour 1 milliard d’euros
Les chiffres clés du projet
Concrètement, ces 150 locomotives neuves doivent remplacer un parc composé en grande partie de machines BB 26000 et BB 22200, aujourd’hui à bout de souffle. Le budget annoncé, proche du milliard d’euros, couvre la fabrication des rames mais aussi une partie de la maintenance sur les premières années d’exploitation. C’est l’un des plus gros investissements consacrés au matériel roulant des trains de nuit depuis la relance de l’offre en France.
Calendrier de livraison et mise en service
La SNCF espère une livraison 2029 pour les premières rames, avec une montée en puissance progressive sur les lignes existantes. Ce calendrier reste toutefois soumis aux délais industriels classiques du secteur ferroviaire, souvent plus longs que prévu. Entre la signature du contrat, la phase de conception et les tests d’homologation, l’horizon 2029 correspond au scénario le plus optimiste évoqué par la direction de SNCF Voyageurs.
150 locomotives neuves, 1 milliard d’euros investis, et une mise en service espérée dès 2029 : c’est le triptyque qui résume l’ampleur du projet SNCF.
Pourquoi renouveler le matériel roulant des trains de nuit
Le vieillissement du parc n’est plus un simple sujet technique, c’est devenu un frein opérationnel. Les pannes se multiplient, les voitures-lits et voitures couchettes accusent leur âge, et le confort passagers en pâtit directement. Certaines rames actuelles datent des années 1980, avec des équipements qui ne correspondent plus aux standards attendus par une clientèle qui redécouvre le train de nuit comme alternative avion sur les longs trajets.
La décarbonation des transports pèse aussi dans la balance. Face à l’avion sur des liaisons comme Paris-Nice ou Paris-Toulouse, le train de nuit représente une option bas carbone, à condition que le matériel roulant suive. Un parc de locomotives fiable et moderne conditionne directement la capacité de la SNCF à proposer des trajets réguliers, sans annulations liées à des pannes récurrentes.
La procédure de mise en concurrence

L’appel d’offres suit les règles classiques des marchés publics ferroviaires : plusieurs constructeurs pourront soumettre une offre technique et financière, avant une phase de sélection qui prendra en compte le prix, les délais de livraison et les garanties de maintenance. Cette mise en concurrence concerne aussi bien la fourniture des locomotives que, potentiellement, des lots séparés pour les voitures-lits et voitures couchettes associées.
Plusieurs industriels européens habitués aux commandes SNCF sont pressentis pour répondre à cette consultation. L’attribution marché final devrait intervenir après une phase d’évaluation technique poussée, les autorités ferroviaires exigeant des garanties strictes sur la fiabilité et la sécurité des futures rames.
Quelles lignes de nuit bénéficieront des nouvelles rames
Les Intercités de nuit actuellement en service, Paris-Briançon, Paris-Nice, Paris-Toulouse notamment, figurent parmi les premières lignes nocturnes concernées par ce renouvellement. La SNCF n’exclut pas d’étendre progressivement la desserte à de nouvelles destinations, une fois le parc renforcé. Ce projet s’inscrit dans la continuité du plan de relance des trains de nuit engagé ces dernières années, qui avait déjà permis la réouverture de certaines liaisons abandonnées au début des années 2010.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Nombre de locomotives | 150 unités |
| Budget estimé | Environ 1 milliard d’euros |
| Mise en service espérée | À partir de 2029 |
| Lignes concernées | Intercités de nuit existants et futurs |
Les enjeux pour l’avenir du train de nuit en France
Ce renouvellement du matériel roulant conditionne la crédibilité du train de nuit comme mode de transport durable et compétitif. Sans locomotives fiables, difficile d’imaginer une extension du réseau ferré nocturne ni un report significatif des voyageurs depuis l’avion. L’appel d’offres lancé par la SNCF marque une étape décisive, mais son succès dépendra surtout du respect des délais annoncés.
Reste que ce type de projet industriel avance rarement à la vitesse prévue au départ. Entre la sélection des constructeurs, la fabrication et les phases de test, les voyageurs qui espèrent profiter de ces nouvelles rames devront sans doute patienter encore plusieurs années avant de voir circuler ces 150 locomotives sur les rails français.





