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TGV 001, ce prototype qui a établi le record français de vitesse en 1972 : personne ne l’a battu depuis

Margaux Gauthier
Margaux Gauthier
septembre 26, 2026 5 min
Train blanc allonge reposant sur rails metalliques

Un train file sur les rails des Landes, sans caténaire, propulsé par des moteurs d’avion. C’est décembre 1972, et ce prototype vient d’inscrire un chiffre qui n’a jamais été effacé : 318 km/h. Plus de cinquante ans après, ce record français de vitesse sur cette catégorie précise de matériel roulant tient toujours.

Son nom : TGV 001. Un train à turbine à gaz, sorti des ateliers de Belfort en 1971, pensé pour révolutionner la grande vitesse ferroviaire française. Il a atteint 318 km/h le 8 décembre 1972 sur la ligne des Landes, un record jamais battu par un engin de ce type, tout simplement parce que cette technologie a été abandonnée quelques années plus tard.

Le TGV 001 : le prototype révolutionnaire à turbine à gaz

Au tournant des années 1970, la SNCF et Alsthom cherchent une solution pour dépasser les limites de vitesse imposées par le matériel classique, une quête d’innovation que l’on retrouve aujourd’hui avec le nouveau train italien d’Alstom présenté à InnoTrans. L’idée retenue est audacieuse : construire un automoteur propulsé non pas par des moteurs électriques classiques, mais par des turbines à gaz proches de celles utilisées dans l’aviation.

Le TGV 001 sort des ateliers de Belfort en 1971. C’est une rame articulée de cinq voitures, légère, aérodynamique, conçue pour rouler vite sans dépendre d’une infrastructure électrifiée. À l’époque, cette liberté vis-à-vis de la caténaire est perçue comme un atout majeur : le train peut circuler sur des lignes classiques sans attendre de lourds travaux d’électrification.

Le record français de 318 km/h établi le 8 décembre 1972

Les essais démarrent sur la ligne des Landes, un tronçon rectiligne du sud-ouest de la France choisi pour sa configuration idéale. Pendant plusieurs mois, les ingénieurs poussent progressivement les limites de la rame, affinant l’aérodynamisme et la stabilité à haute allure.

Le 8 décembre 1972, le TGV 001 franchit la barre symbolique et atteint 318 km/h. C’est, à ce jour, le record de vitesse français pour un train à turbine à gaz. Un exploit technique salué à l’époque comme la preuve que la France peut rivaliser avec les meilleures technologies ferroviaires mondiales.

Le chiffre qui n’a jamais bougé
318 km/h : c’est la vitesse atteinte par le TGV 001 le 8 décembre 1972 sur la ligne des Landes. Aucun autre train à turbine à gaz français n’a dépassé ce seuil depuis, pour la simple raison qu’aucun n’a plus circulé.

Pourquoi ce record du TGV 001 n’a jamais été battu

Train turbine carburant design acier brillant

La réponse tient en un mot : le contexte. En 1973, le premier choc pétrolier fait exploser le prix du carburant. Or les turbines à gaz consomment énormément, bien plus qu’une motorisation électrique classique. Le projet, qui semblait promis à un bel avenir commercial, devient soudain économiquement intenable.

La SNCF et Alsthom réorientent alors leurs recherches vers une motorisation électrique, jugée plus sobre et plus pérenne, une trajectoire qui a mené des décennies plus tard au train zéro émission conçu par Alstom pour la Nouvelle-Zélande. Le prototype à turbine est abandonné en tant que base du futur TGV commercial. Le TGV 001 ne sera jamais mis en service, restant à jamais le seul représentant de cette filière technologique. Son record de 318 km/h n’a donc jamais pu être battu, puisqu’aucun train à turbine à gaz n’a roulé plus vite après lui, en France ou ailleurs sur ce type d’automoteur.

C’est là toute la nuance à comprendre : les TGV électriques qui circulent aujourd’hui ont depuis largement dépassé cette vitesse, avec un record mondial à 574,8 km/h en 2007. Mais ce record appartient à une autre catégorie de train, avec une autre motorisation. Le record du TGV 001, lui, reste figé dans sa catégorie propre, celle des rames à turbine à gaz.

Du prototype de 1972 au TGV électrique de 1981

L’abandon de la turbine à gaz ne signifie pas l’abandon du projet TGV. Bien au contraire, les ingénieurs récupèrent tout l’acquis aérodynamique et structurel du TGV 001 pour l’appliquer à une nouvelle génération de rames, cette fois électriques. Les essais se poursuivent, avec des prototypes alimentés par caténaire qui reprennent la silhouette effilée du 001.

Cette transition mène à la mise en service commercial du TGV Paris-Sud-Est en 1981, sur la ligne Paris-Lyon. C’est ce train-là, électrique, qui entre dans l’histoire comme le premier TGV commercial. Le TGV 001 reste dans les mémoires comme son ancêtre direct, le laboratoire roulant qui a permis de valider les grandes lignes du concept, même si sa propre technologie a été mise de côté en cours de route.

Aujourd’hui, le TGV 001 est exposé à la Cité du Train, à Mulhouse. Il incarne une impasse technologique fascinante, celle d’un train qui a battu un record que personne n’a cherché à effacer, tout simplement parce que la France a préféré une autre voie pour sa grande vitesse ferroviaire (une modernisation qui se poursuit avec l’appel d’offres de la SNCF pour remplacer ses trains de nuit).

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Margaux Gauthier

Amoureuse des projets immobiliers et de la rénovation de patrimoine
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