Un train qui roule sans diesel, conçu à des milliers de kilomètres de là où il circulera, et fabriqué en plusieurs morceaux venus de quatre continents différents. C’est le pari qu’a relevé Alstom pour la Nouvelle-Zélande, avec un contrat qui doit transformer le visage du rail périurbain autour de Wellington.
L’autorité de transport Greater Wellington a confié à Alstom la fourniture de 18 trains à batterie zéro émission, dans le cadre du programme LNIRIM (Lower North Island Rail Integrated Mobility). Le contrat, chiffré à 538 millions d’euros, marque la première commande de trains périurbains électriques à batterie de ce type en Nouvelle-Zélande. Ces rames doivent remplacer une flotte diesel vieillissante et poser les bases d’une décarbonation durable du réseau ferroviaire local.
Un contrat de 538 millions d’euros pour verdir le rail néo-zélandais
Le programme LNIRIM ne se limite pas à la livraison de matériel roulant. Il englobe aussi la construction d’infrastructures dédiées et un engagement de maintenance sur le long terme, avec l’objectif affiché de sortir progressivement le rail périurbain de la dépendance au diesel. Pour Greater Wellington, il s’agit du plus grand investissement ferroviaire de son histoire récente.
Le choix d’une technologie à batterie plutôt qu’une caténaire classique s’explique par la géographie de la région : plusieurs tronçons, dont un tunnel de 9 km, rendent l’électrification par ligne aérienne complexe et coûteuse. Les trains à batterie permettent de s’affranchir de ces contraintes tout en offrant une exploitation zéro émission sur l’ensemble du parcours.
Les trains Adessia Stream B : zéro émission et assemblage multi-continental
Les rames retenues appartiennent à la famille Adessia Stream B, une gamme de trains à batterie développée par Alstom pour les lignes périurbaines et régionales. Chaque unité peut transporter jusqu’à 475 passagers, avec un confort pensé pour des trajets quotidiens plutôt que pour de longues distances.
Technologie batterie et performances techniques
La technologie batterie embarquée permet de circuler sans ligne aérienne de contact sur de longs segments, avec une recharge partielle aux terminus ou lors des arrêts. Ce fonctionnement réduit les besoins en infrastructure fixe tout en garantissant une exploitation silencieuse et sans émissions locales. Pour une région comme Wellington, marquée par un relief accidenté et un tunnel stratégique, cette flexibilité pèse lourd dans la décision finale.
Un train conçu sur quatre continents
Ce qui distingue ce contrat, c’est la manière dont les trains sont assemblés. La conception mobilise des sites Alstom répartis en Europe, en Asie, en Amérique et en Océanie, chacun apportant une expertise spécifique : ingénierie électrique, fabrication des caisses, intégration des batteries ou essais finaux. Cette organisation industrielle mondiale illustre la capacité du groupe à mutualiser ses savoir-faire pour un marché aussi éloigné que la Nouvelle-Zélande.
Le chiffre qui résume le contrat
18 trains, 475 passagers par rame, 35 ans de maintenance et un tunnel de 9 km à franchir sans une goutte de diesel : voilà l’équation que devait résoudre Alstom pour Greater Wellington.
35 ans de maintenance et site de Masterton

La commande ne s’arrête pas à la livraison des rames. Alstom s’engage sur 35 ans de maintenance, un horizon qui dépasse largement la durée habituelle des contrats ferroviaires et qui témoigne de la confiance accordée par l’autorité néo-zélandaise. Ce suivi long terme s’appuiera sur le programme FlexCare Perform, une offre de maintenance modulaire pensée pour garantir la disponibilité des trains tout au long de leur cycle de vie.
Pour assurer cette maintenance sur place, un nouveau site sera construit à Masterton, dans la région de Wellington. Cette implantation locale doit permettre des interventions rapides, limiter les coûts logistiques et créer des emplois qualifiés directement liés à l’exploitation de la flotte. C’est aussi un signal fort envoyé au marché néo-zélandais : Alstom ne se contente pas de vendre du matériel, il s’installe durablement dans la région.
| Élément du contrat | Détail |
|---|---|
| Client | Greater Wellington |
| Programme | LNIRIM |
| Nombre de trains | 18 rames Adessia Stream B |
| Capacité | 475 passagers par train |
| Maintenance | 35 ans, site à Masterton |
| Montant | 538 millions d’euros |
Une stratégie océanienne pour Alstom
Ce contrat s’inscrit dans une dynamique plus large pour Alstom en Océanie, où le groupe cherche à s’imposer comme un acteur de référence sur les trains à batterie zéro émission. La Nouvelle-Zélande, avec son relief morcelé et ses lignes périurbaines difficiles à électrifier entièrement, constitue un terrain d’expérimentation idéal pour ce type de technologie.
Au-delà du remplacement de la flotte diesel, l’enjeu porte sur la crédibilité industrielle d’Alstom face à d’autres marchés à travers le monde qui envisagent des solutions similaires : régions montagneuses, îles ou réseaux dépourvus d’électrification lourde. En démontrant qu’un train assemblé depuis quatre continents peut fonctionner sans émissions sur un parcours aussi exigeant qu’un tunnel de 9 km, Alstom pose une référence qui pourrait peser dans de futurs appels d’offres, en Asie-Pacifique comme ailleurs.
Pour les habitants de la région de Wellington, le changement se fera sentir progressivement, au fil de la mise en service des rames et de la montée en puissance du site de Masterton. Mais l’essentiel est déjà acté : le rail périurbain néo-zélandais s’apprête à tourner la page du diesel, avec un train pensé et fabriqué à l’échelle mondiale.





