Immobilier

Après 10 ans à préparer leurs repas, ils ont arrêté de travailler à 35 et 40 ans

Margaux Gauthier
Margaux Gauthier
octobre 1, 2026 6 min
Adultes cuisinent ensemble assis a leur table

Un sandwich préparé la veille, une boîte posée sur le bureau, et des collègues qui sourient en allant au restaurant. Pendant dix ans, ce petit rituel a été le cœur d’un plan bien plus vaste. Résultat : un couple britannique a quitté le monde du travail avant 40 ans, sans avoir touché un héritage ni gagné au loto.

Qui sont Katie et Alan Donegan, retraités à 35 et 40 ans ?

Katie et Alan Donegan sont un couple de jeunes retraités britanniques. Katie a arrêté de travailler à 35 ans, Alan à 40 ans. Leur histoire a fait le tour des médias parce qu’elle repose sur des gestes du quotidien, pas sur une idée de génie en Bourse.

Leur secret tient en une phrase : dépenser le moins possible pendant une décennie, puis investir presque tout ce qui restait. La gamelle au travail en est devenue le symbole, mais elle n’était que la partie visible d’une discipline bien plus large. Le couple raconte que cette épargne extrême a fini par rendre possible une retraite anticipée que peu de gens imaginent à cet âge.

Leur réaction face aux critiques est presque aussi frappante que leurs chiffres. Autour d’eux, beaucoup les ont pris pour des fous : refuser les repas au restaurant, les sorties à répétition et le confort à tout prix, cela ne passe pas toujours bien à l’heure du déjeuner entre collègues. Ils assument pourtant ce choix, en expliquant qu’ils achetaient surtout du temps libre.

10 ans de gamelle au travail : comment ils ont économisé 46 000 livres

Le principe est d’une simplicité désarmante. Chaque jour de travail, Katie et Alan emportaient un déjeuner maison au lieu d’acheter un plat sur le chemin du bureau ou à la cantine. Sur dix ans, cette habitude leur a fait économiser 46 000 livres.

Le calcul est parlant. Un repas acheté à l’extérieur coûte vite plusieurs livres par personne, et il se répète environ 220 jours par an. Multipliez par deux adultes, puis par dix ans, et la somme grimpe sans que personne ne s’en rende compte. Le repas fait maison, lui, coûte une fraction de ce prix, surtout quand on cuisine en grande quantité et qu’on réutilise les restes.

46 000 livres en 10 ans : ce que ça représente par jour

Répartie sur dix ans, cette somme correspond à une économie d’environ 4 600 livres par an. Ce n’est pas un gain spectaculaire au quotidien, c’est sa régularité qui fait la différence. Ce sont ces économies quotidiennes, répétées sans faille, qui ont pesé dans la balance.

Ce qui frappe, c’est que le geste ne demande aucune compétence particulière. Il suppose de l’organisation, un peu de temps le soir ou le week-end, et surtout de la constance. C’est là que la plupart des gens abandonnent : la première semaine est facile, la trentième beaucoup moins.

Les autres sacrifices radicaux qui ont accéléré leur indépendance financière

Maison froide avec vitres gelees et couvertures

La boîte à lunch n’explique pas tout. Le couple a aussi accepté des sacrifices financiers plus difficiles à imaginer. Le plus commenté : pendant dix ans, ils n’ont pas allumé le chauffage en hiver. Dans un pays où l’hiver est humide et frais, cette décision a de quoi faire frissonner.

Cette logique de frugalité s’est étendue à d’autres postes de dépenses. Le principe reste le même partout : chaque dépense est passée au crible, et tout ce qui n’apporte pas de vraie valeur est supprimé. Les habitudes d’épargne du couple ont fini par former un système, où le moindre euro non dépensé allait directement vers l’investissement.

Cette approche a un prix, et Katie et Alan ne le cachent pas. Vivre avec un budget serré pendant une décennie demande de renoncer à des plaisirs, et de supporter le regard des autres. Ils y voient un échange assumé : dix ans d’inconfort contre des décennies de liberté.

1 million de livres investi : le résultat chiffré de leur stratégie

Au terme de cette période, le couple affiche environ 1 million de livres d’économies et d’investissements. C’est ce capital qui leur a permis de quitter leur emploi à 35 et 40 ans, en vivant des revenus de leur patrimoine plutôt que d’un salaire, bien loin du montant moyen de retraite en France.

Ce chiffre ne vient évidemment pas des seuls repas. Les 46 000 livres économisées sur les déjeuners représentent une part modeste du total. Elles pèsent surtout par ce qu’elles révèlent : quand on applique la même rigueur à toutes les dépenses, on dégage un taux d’épargne très élevé, et c’est ce taux qui accélère tout.

Il faut aussi rappeler que ces montants viennent de leur témoignage. Ils dépendent de leurs revenus, de leur pays et de leurs choix de placements. Un capital ne garantit pas non plus une retraite paisible : tout dépend du rendement, de l’inflation et du niveau de vie choisi ensuite.

Le mouvement FIRE et les leçons à retenir de leur parcours

Personne regardant graphique montrant croissance epargne progressive

L’histoire de Katie et Alan s’inscrit dans le mouvement FIRE, pour Financial Independence Retire Early. Son idée de base : épargner une très grande part de ses revenus, investir sur le long terme, puis arrêter de travailler dès que le capital peut couvrir ses dépenses. L’indépendance financière devient alors un objectif à part entière, avant même la retraite classique.

Alors, que peut-on en retenir ? Plusieurs principes se dégagent de leur parcours :

  • Commencer par les dépenses répétitives (repas, abonnements, habitudes du quotidien), car leur poids cumulé est énorme.
  • Fixer un objectif chiffré et précis, pour donner du sens à chaque renoncement.
  • Investir ce qui est économisé, sans le laisser dormir.
  • Tenir dans la durée, car la régularité compte plus que l’intensité.

Une méthode pour tout le monde ?

Soyons honnêtes : leur approche n’est pas reproductible partout ni par tous. Elle suppose d’avoir un revenu suffisant pour dégager une marge d’épargne, ce qui est impossible pour un foyer dont le budget est déjà à l’os. Le coût de la vie, le prix du logement, la présence d’enfants ou des charges de santé changent complètement l’équation.

Se priver de chauffage pendant dix hivers n’est pas non plus un exemple à suivre pour tout le monde, surtout pour des personnes fragiles ou des familles avec de jeunes enfants. Il vaut mieux retenir l’esprit que la lettre : identifier ses propres dépenses inutiles, les réduire à son rythme, et garder un mode de vie soutenable.

Ce que ce couple prouve, au fond, c’est que des habitudes minuscules, répétées pendant dix ans, pèsent lourd. Personne n’est obligé de viser la retraite anticipée à 35 ans pour en tirer quelque chose. Préparer son déjeuner trois fois par semaine, c’est déjà un premier pas vers plus de marge et de liberté.

Partager cet article
Margaux Gauthier
Écrit par

Margaux Gauthier

Amoureuse des projets immobiliers et de la rénovation de patrimoine
Sensible aux décisions qui structurent un projet immobilier et une rénovation durable. Observe les matériaux, les budgets, les économies réelles. Partage quotidiennement ce qui fonctionne : chasser le superflu, construire mieux avec moins, valoriser le patrimoine. Basée en région Occitanie.
4,8/5 (22 votes)

A lire aussi

Laisser un commentaire —

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *