Vous êtes né en 1966 et vous pensiez devoir attendre l’âge légal de départ pour toucher votre pension ? Deux trimestres oubliés dans la plupart des simulations pourraient changer la donne. Chômage indemnisé, arrêt maladie, congé maternité : ces périodes comptent parfois autant que des trimestres réellement travaillés, et elles ouvrent la porte à un départ en carrière longue dès 60 ans et 9 mois.
La règle est simple à énoncer, plus subtile à appliquer. Si vous avez commencé à travailler tôt et validé un certain nombre de trimestres avant vos 20 ans, la retraite anticipée pour carrière longue vous permet de partir avant l’âge légal, à condition d’avoir réuni la durée d’assurance exigée pour votre génération. Pour la génération 1966, ce départ anticipé peut intervenir dès 60 ans et 9 mois, à taux plein, sans décote.
Qui peut partir à la retraite dès 60 ans et 9 mois en étant né en 1966 ?
Le dispositif de carrière longue s’adresse aux personnes qui ont validé un nombre minimal de trimestres avant un âge donné, généralement 16 ou 20 ans. Pour les personnes nées en 1966, le début de carrière doit remonter suffisamment tôt pour prétendre à un départ avant l’âge légal de départ, fixé progressivement à 64 ans par la réforme des retraites. Deux conditions cumulatives s’appliquent : avoir validé un quota de trimestres cotisés avant un âge repère, et avoir atteint la durée d’assurance totale requise pour toucher une pension à taux plein.
C’est là que beaucoup de futurs retraités se trompent. Ils comptent uniquement les trimestres réellement travaillés et cotisés, en oubliant que certaines périodes sans activité professionnelle sont assimilées à des trimestres cotisés dans le calcul de l’ouverture des droits.
Les deux trimestres méconnus qui comptent pour la carrière longue
Trimestres réputés cotisés : chômage et maladie
Pour le calcul spécifique du dispositif carrière longue, l’Assurance retraite retient une notion particulière : les trimestres réputés cotisés. Contrairement au calcul classique de la durée d’assurance, où toutes les périodes assimilées comptent, seules certaines d’entre elles sont retenues ici, dans une limite précise. Le chômage indemnisé peut ainsi être compté, mais plafonné à quatre trimestres au total sur l’ensemble de la carrière pour l’ouverture des droits en carrière longue.
La maladie fonctionne selon un principe voisin. Les arrêts pour raison de santé, tout comme les périodes de maternité, peuvent être assimilés à des trimestres réputés cotisés dans certaines limites, généralement deux trimestres au maximum pour la maladie et l’invalidité cumulées, en plus d’un quota séparé pour la maternité (à ce sujet, découvrez le cas d’un arrêt maladie de 17 ans avant la retraite). Ce sont précisément ces deux catégories, chômage indemnisé et maladie, qui restent les plus méconnues des assurés nés en 1966 alors qu’elles peuvent faire basculer un dossier de l’âge légal vers un départ à 60 ans et 9 mois.
Trimestres de début de carrière validés avant 20 ans
L’autre pilier du dispositif concerne le nombre de trimestres validés avant un âge charnière, le plus souvent avant 20 ans. Un apprentissage commencé tôt, un premier emploi saisonnier, un job étudiant déclaré : ces expériences génèrent des trimestres cotisés qui, additionnés aux trimestres réputés cotisés, peuvent suffire à remplir la condition d’entrée dans le dispositif. Beaucoup d’assurés nés en 1966 ignorent que ces trimestres de jeunesse, parfois validés il y a plus de quarante ans, restent parfaitement comptabilisés sur leur relevé de carrière.
Le plafond à connaître pour le chômage indemnisé
Seuls quatre trimestres de chômage indemnisé peuvent être comptés comme trimestres réputés cotisés pour l’ouverture des droits en carrière longue. Au-delà, les trimestres de chômage supplémentaires comptent pour la durée d’assurance globale, mais pas pour valider l’accès au dispositif de départ anticipé.
Combien de trimestres faut-il pour partir à 60 ans et 9 mois ?

La génération 1966 doit réunir 169 trimestres pour bénéficier d’une pension à taux plein, que ce soit à l’âge légal ou en carrière longue, un montant dont l’ampleur varie fortement selon la région, comme le montre notre analyse des départements où les retraités touchent les pensions les plus élevées. La différence tient à l’âge auquel ces trimestres ont commencé à être validés. Plus le début de carrière est précoce, plus l’âge de départ anticipé peut être bas, dans une échelle qui va de 58 ans pour les carrières les plus longues à 60 ans et 9 mois pour ceux qui remplissent les critères les moins stricts du dispositif.
| Trimestres validés avant | Âge de départ possible |
|---|---|
| 16 ans | 58 ans |
| 18 ans | 60 ans |
| 20 ans | 60 ans et 9 mois |
Ce tableau ne dispense pas de vérifier son propre relevé de carrière : chaque situation dépend du nombre exact de trimestres cotisés, validés et réputés cotisés accumulés sur toute la durée d’assurance. Deux personnes nées la même année, avec des débuts de carrière proches, peuvent obtenir des âges de départ différents selon la nature exacte de leurs premières années d’activité.
Comment vérifier votre éligibilité et faire valoir vos droits
La première étape consiste à consulter son relevé de carrière sur le site de l’Assurance retraite, en portant une attention particulière aux périodes signalées comme trimestres assimilés. Ce document indique, année par année, les trimestres cotisés, les trimestres réputés cotisés issus du chômage indemnisé ou de la maladie, ainsi que les éventuelles périodes manquantes à régulariser. Il est aussi utile de croiser ces informations avec son relevé complémentaire Agirc-Arrco, notamment pour les carrières ayant comporté des périodes de cadre ou de statut mixte.
Si le compte n’y est pas tout à fait, certains rachats de trimestres restent possibles, tout comme la régularisation d’années incomplètes liées à des emplois anciens mal déclarés. Une fois les conditions d’ouverture confirmées, la demande de retraite anticipée pour carrière longue doit être déposée plusieurs mois avant la date de départ souhaitée, généralement quatre à six mois à l’avance, afin de laisser le temps aux caisses de vérifier l’ensemble du dossier avant le versement de la première pension (pour évaluer si ce montant sera suffisant, consultez notre article sur le montant de retraite nécessaire pour vivre dignement en France).




